Depuis février dernier, M. Ngarléjy Yorongar, député de l’opposition démocratique tchadien et chef de file du courant politique d’obédience Fédéraliste, est tombé gravement malade au Tchad dans l’indifférence générale du Gouvernement en place.
Au mois de février dernier, M..Yorongar, avait sollicité un visa auprès de l’Ambassade de France à N’Djaména pour se rendre à Paris à un rendez-vous médical.
Paris, par le biais du Ministère des affaires étrangères, lui avait notifié un refus prétextant qu’il pouvait se faire traiter sur place à N’Djaména, une ville dépourvue d’IRM et de scanner. Refus du visa infondé et inconsidéré !
Sa santé, s’était considérablement détériorée malgré le suivi médical du Dr Jacques Nanadoumgar qui décide alors de l’évacuer à l’étranger.
Après avoir acheté, le 13 mai 2009, son billet d’avion à N’Djaména auprès de la compagnie Ethipian AirLines qui effectuait la liaison, 14 mai 2009, N’Djaména-Addis-Bruxelle, M.Yorongar devrait alors embarquer dans l’avion ; lorsqu’il a été empêché par le représentant local de ladite compagnie de voyager.
Des fortes pressions ont été exercées sur la compagnie Ethiopian AirLines par les autorités tchadiennes. A la surprise générale des passagers, le député Ngarléjy Yorongar n’a pu voyager. Sur place, à l’aéroport de N’Djaméné, plusieurs personnes ont réagi pour dénoncer le caractère inhumain du représentant de la Compagnie aérienne éthiopienne.
Cette interdiction nous rappelle celle en 1994 de M.Acheikh Ibni Oumar, empêché d’embarquer à bord d’un avion pour Niamey, c’était le début de son opposition ouverte avec le régime d’Idriss Deby.
Dr Jacques Nanadoumgar, envisage alors une nouvelle évacuation du député tchadien à Douala en le recommandant auprès de son confrère camerounais, le Dr Denis Bouallo, lequel, après consultation, valide l’évacuation de M.Ngarléjy pour Bruxelles.
Selon nos sources, à Douala, le médecin camerounais était même surpris que le député fédéraliste demeure en vie au vu de la gravité de sa maladie.
C’est donc à partir de Douala, principale ville du Cameroun, que le député tchadien, Ngarléjy Yorongar, a pu embarquer à bord de la compagnie SN Brussels pour Bruxelles.
Il convient donc de remercier ici le représentant de la compagnie SN Bruxelles à Douala et tout le personnel qui y travaille pour leur sens d’humanisme et de tolérance ; ils ont fait montre d’un acte élevé qui a permis à M. Yorongar de voyager en lui apportant leur assistance à personne en danger.
Le blog exprime également sincèrement ses remerciements au Dr Jacques Nanadoumagar, pour son courage de prendre en charge médicalement le député Yorongar pendant une longue période d’incertitude dans un contexte national politique difficile et risqué.
Ces mêmes remerciements s’adressent directement au médecin camerounais, le Dr Denis Bouallo, pour avoir évalué et validé l’évacuation urgente de M. Yorongar pour la Belgique.
Enfin, nous exprimons nos sentiments de reconnaissances à toutes les bonnes volontés au plan national et international, qui se sont mobilisées pour faire valoir les droits du député Yorongar à travers leurs différentes contributions.
Ce voyage du député de l’opposition démocratique tchadien dans un cadre humanitaire pour la Belgique, s’inscrit dans la droite ligne des revendications politiques pour la conquête de la démocratie au Tchad et que les droits de l’homme, la justice et les libertés demeurent fondamentalement des valeurs à l’échelle universelle.
Aujourd’hui, le pouvoir d’Idriss Deby et les autorités françaises doivent avoir un cas de conscience.
Le régime de N’Djaména doit s’apercevoir désormais que l’étau se resserre sur lui au fur et à mesure et la communauté africaine et internationale commence à appréhender que les Tchadiens vivent un véritable enfer sous Idriss Déby.
Makaila Nguebla
Source : http://makaila.over-blog.com
PS : Le fait que le Député Ngarlejy Yorongar est pris en main par une clinique dotée d’un plateau approprié rassure. Mais, tout ce que nous craignions depuis le début de cette maladie, c’est que Yorongar fût empoisonné lors de sa détention en février 2008 ou à la Mounié dans un restaurant, un café etc.