RECEVOIR LA NEWSLETTER :

RECHERCHER :


Lettre de N. Yorongar adressée au docteur Mireille Joussemet au sujet de la dégradation de son état de santé

Imprimer
Dr Mireille Joussemet,

A mon arrivée, le laxisme par rapport au régime alimentaire qui a été le mien a certainement augmenté le taux de cholestérol et provoqué un mal au cœur comme auparavant. J’ai consulté Dr Djimé Hybi Langtar qui m’a prescrit des médicaments (annexe 1) et un repos médical (annexe 2). Il me prescrira d’autres médicaments par diverses ordonnances (annexes 3 & 4) Quelques temps plus tard, j’ai eu deux nerfs qui me font également mal du tendon de la jambe droite et celui de la jambe gauche jusqu’à à la tête en passant par les bras. J’ai donc consulté Dr Lazare Béral qui m’a prescrit des médicaments (annexe 5).



Devant cette situation, j’ai adressé, le 5 février 2009, une lettre au Président de l’Assemblée Nationale, pour lui demander d’instruire, comme il est d’usage, le Protocole de l’assemblée Nationale (annexe 6) en vue de l’obtention d’un visa pour me permettre d’aller vous consulter plus tôt que prévu (annexe 7). Malheureusement, le Président de l’Assemblée a refusé de me délivrer l’autorisation d’absence qui conditionne le visa à l’Ambassade de France, préférant une annotation qui est un refus qui ne dit pas son nom (annexe 8).



Suivant la démarche annotée par le Président de l’Assemblée, j’ai déposé ma demande de visa à l’Ambassade de France accompagnée d’une réservation à Air France pour mon départ prévu pour le 26 février 2009 (annexe 9), compte tenu de mon état de santé.



A la demande de l’Ambassade, j’ai pu obtenir une note verbale auprès du Ministère des Affaires Etrangères, note que j’ai annexée à ma demande de visa (annexe 10) avant de la déposer à l’Ambassade. Cette demande étant considérée comme complète, l’Ambassade de France me fait payer les frais en échange d’une quittance sur laquelle est marquée la date (3/3/09) et l’heure (17H15) pour le retrait de mon passeport avec visa puisque rien ne s’y oppose (annexe 11).



Comme le Président de l’Assemblée avait, en son temps, adressé aux Députés une circulaire pour exiger d’eux des demandes d’autorisation d’absence pour tous les déplacements à l’intérieur comme à l’extérieur du Tchad et dans ce dernier cas aux fins de faire valoir auprès des Ambassades pour le visa, je me suis plié pourtant à cette exigence en lui adressant, le 5 février 2009, une lettre à cet effet comme indiqué ci-dessus (cf. annexe 6). Or, avec le visa biométrique, institué par l’Ambassadeur de France, seuls les Députés en mission officielle doivent joindre à leur demande un ordre de mission étant entendu que l’autorisation n’est plus exigée comme l’indique les conditions prescrites par l’Ambassade de France elle-même pour la constitution de la demande de visa diplomatique (annexe 12).



Pour la visite médicale comme la mienne (annexe 13), l’assurance médicale et de rapatriement pour la durée de séjour en France a été exigée (annexe 14).



De tout ce qui précède, il n’est pas interdit l’usage des passeports diplomatiques pour des visites médicales en France comme c’est le cas des visites privées et familiales.



D’ordinaire, une demande comme la mienne (cf. annexe 6) suffisait pour l’obtention d’une autorisation d’absence qui permettait la délivrance d’une note verbale par le Ministère des Affaires Etrangères. Cette autorisation d’absence permet alors à l’Ambassade de France d’examiner avec diligence les demandes de visas en l’absence de l’ordre de mission. Or, avec le visa biométrique, l’Ambassade exige la présence physique de tous les demandeurs de visa à l’exception du seul chef de l’Etat. Je croyais que c’est pour cette raison que le Président de l’Assemblée Nationale a annoté à l’attention du Secrétaire Général de l’Assemblée Nationale que comme je suis « …en vacances parlementaires… », je peux m’adresser « directement à l’Ambassade de France… » pour mon « visa biométrique » (annexe 16). Au demeurant, c’est un refus qui ne dit pas son nom pour me compliquer l’obtention du visa. Pour preuve, le lendemain du dépôt de ma demande de visa à l’Ambassade, le directeur du protocole s’est présenté, le 28 février 2009, chez moi pour me demander copie de l’autorisation d’absence que le Président de l’Assemblée Nationale a refusé de me délivrer, alors qu’il a toujours l’habitude de faire dans de pareils cas. Devant la démarche du Directeur du Protocole instruite, dit ce dernier, par l’Ambassade de France, je me suis résolu donc à lui montrer de nouveau les annotations du Président de l’Assemblée Nationale citées plus haut à l’attention du Secrétaire Général de cette institution dont copie était de toute évidence versée dans le dossier (cf. annexe 8) qui a permis au Ministère des Affaires Etrangères de délivrer la note verbale. Convaincu de la régularité de ma demande de visa, le Directeur de Protocole s’en est retourné à son bureau.



Rassuré, je me suis présenté à l’Ambassade, le 3 mars à 15H15 pour y retirer mon passeport comme je l’espérais. Lorsque la préposée de l’Ambassade chargée des visas n’a pas retrouvé mon passeport parmi les autres, elle s’en est étonnée publiquement avant d’aller voir son chef de service qui, quelques instants, plus tard, vient me voir lui-même pour me dire ceci : « Bonjour, Monsieur Yorongar. L’Ambassadeur me demande de vous informer que votre passeport est toujours en instruction sur son bureau… ». C’est donc sur ces entrefaites que j’ai quitté l’Ambassade sans mon passeport et encore moins le visa.



Voilà, où j’en suis sans grand espoir au regard de mes rapports quelque peu tendus avec M. Bruno Foucher, Ambassadeur de France au Tchad qui reconnaît devant une dizaine de journalistes français : « …je sais qu’il y a eu collusion entre les opposants et les rebelles. Selon de bonnes sources, le Président Idriss Déby Itno aurait décidé de faire arrêter Lol Mahamat Choua, Ngarlejy Yorongar et Ibni Oumar Mahamat Saleh à la suite d’une information émanant, entre autres, des services d’écoute de l’armée française… » (cf. Jeune Afrique n°2459 du 24 février au 1er Mars 2009 dans la rubrique confidentielle ainsi que Le Canard Enchaîné du 4 mars 2009). Ceci n’explique-t-il pas cela ?



Aussi, je vous informe qu’au cas où ma santé me le permet, je me rendrai à Captown (Afrique du Sud) sur invitation de International Institute of Higher studies in Criminal Sciences (ISISC) comme l’indique la lettre d’invitation ci-joint (annexe 15).



Je vous prie, Chère Dr Mireille Joussemet, l’assurance de ma considération distinguée.



N’Djaména, le 6 mars 2009



Ngarlejy Yorongar






PDF - 612.4 ko

Annexes n° 1, 2, 3 et 4



PDF - 1 Mo

Annexes suivantes (n°5 jusqu’au n°15)


eXTReMe Tracker