Selon l’état-major de la force militaire européenne EUFOR Tchad/RCA , installé à Abéché, au Tchad, des affrontements violents se produisent depuis plusieurs jours autour de la ville de Birak , à la frontière entre le Tchad et le Soudan. Dans cette zone très excentrée du territoire tchadien (grand comme deux fois la France), les ONG sont très peu présentes et les forces de l’EUFOR ne sont pas déployées. C’est un organisme chargé des relations entre les autorités tchadiennes et l’EUFOR, la CONAFIT (Coordination Nationale d’Appui au déploiement de la Force Internationale à l’Est du Tchad) qui a averti la force internationale de ces incidents le 9 novembre. Une première reconnaissance aérienne a été effectuée ce même jour à l’aide d’un drone CL-289 qui n’a pas noté d’activité militaire ; mais dès le surlendemain, la MINURCAT et l’ UNHCR ont confirmé que des incidents s’étaient produits, et que des villageois avaient été attaqués.
EUFOR : "Présence d’éléments armés encore probable"
Toujours le 11 novembre, une unité de reconnaissance composée d’éléments des forces spéciales belges et françaises est arrivée à Birak, bientôt rejoints par deux hélicoptères Gazelle de l’armée française. Parallèlement, une compagnie de combat du 1er RHP (1er régiment de hussards parachutistes) composée d’une section de reconnaissance, une section blindée, une section antichar et une section de mortiers, quittait sa base du bataillon multinational sud à Farchana, pour atteindre en trois jours Ardémi puis Bali, tandis que le contingent polonais du bataillon multinational nord d’Iriba envoyaient une unité à Guéréda.L’EUFOR indique dimanche que les troubles ont été confirmés, les troupes envoyées sur place ayant découvert des greniers à grain brûlés. Les victimes des troubles auraient pour partie gagné le Soudan voisin. Dans un premier temps, les militaires devraient aider les ONG à s’installer dans la région, afin de sécuriser des zones capables d’accueillir les populations déplacées. Pour l’heure, les attaquants n’auraient pas été identifiés, mais il pourrait s’agir davantage de conséquences d’une instabilité latente dans cette région - notamment entre nomades pillards et agriculteurs sédentaires — que de troubles à connotation politique. L’EUFOR indique que " la situation reste très tendue, et la présence d’éléments armés encore probable ".
Source : Le Point